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Press Review



July 21, 2003
Kama Moja au Zénith.
Le concours Rêve de Star, organisé par Ireland Blyth, et dont la finale a eu lieu samedi dernier au Centre de Conférences de Grand-Baie, a été remporté par le groupe Kama Moja avec sa chanson Aster, alors que les 2e et 3e prix sont revenus aux groupes Wahoos et Sagapataal. Ce projet, dont la conception est signée Véronique Dubourg, permettra au lauréat d'enregistrer un album. Il remporte aussi un chèque de Rs 50 000 alors que les 2e et 3e prix gagnent Rs 25 000 et Rs 15 000 respectivement. Par ailleurs, deux chèques de Rs 50 000 chacun, provenant des recettes de ce concert, ont été remis à l'association PILS et au Centre de Solidarité pour une nouvelle vie.

Après le renvoi de la finale prévue à La Citadelle, la semaine d'avant, pour cause de mauvais temps, celle-ci a connu un franc succès, samedi : salle pleine et public enthousiaste pour accueillir et encourager les dix candidats dont l'arrivée, depuis les coulisses, puis la prestation, étaient diffusées sur un grand écran à côté de la scène. Une partie technique honorablement assurée par Trépied Productions, pour l'aspect visuel, et Kawai Music House pour la sonorisation. Disons-le tout de suite : dès l'écoute du CD sorti pour l'occasion, deux candidats s'étaient déjà révélés, à nos yeux, bien au-dessus du lot, ce que devaient confirmer les prestations scéniques respectives de Kama Moja et d'Anaïs Antoine. En effet, la fusion de Kama Moja (voir notre article dans Le Mauricien du 28 juin) révélait au public, samedi, les talents de compositeurs et d'arrangeurs des membres du groupe. Leur composition Aster, un séga-rock où le mélange d'acoustique et d'électrique est mâtiné de plusieurs percussions, notamment, le rouler et la maravanne réunionnaises, et sur laquelle vient se placer la voix éraillée de Norbert Jean-Pierre dont l'interprétation est toujours juste, en témoigne. Sans paillettes ni strass et sans déhanchements lascifs, Anaïs Antoine, accompagnée de la seule guitare de Gilbert Sunee, révélait, pour sa part, un authentique talent d'interprète, où la maîtrise technique vocale lui permet, notamment, certaine manière, à peine perceptible, de " casser " sa voix - ou, si l'on préfère, de passer à la voix de tête - avant de revenir rapidement à la voix " normale ". Une manière qui, de plus, révèle déjà un style personnel - que ne peuvent pas se targuer de posséder nombre de " professionnels " d'ici et d'aileurs. Sa prestation, samedi, emplie de naturel et de fraîcheur aura séduit plus d'un dans la salle. Un talent qui mérite certainement d'être encouragé et exploité.

Linzi Bacbotte en verve

En revanche, les deuxième et troisième candidats primés ne nous laisseront pas un souvenir impérissable. Si la chanteuse des Wahoos se sort honorablement de son Do you dream in color, il faut reconnaître que, comme son titre et le nom du groupe, cette composition du genre Eurovision seventies est de celles qui disparaissent très vite dans l'anonymat de la variété commerciale. Danzé Ladrog de Sagapataal, quant à elle, est une fusion brouillonne, ou une " confusion " de musiques orientale et occidentale dotée d'un texte creux et plaintif ; et le tout desservi par une voix qui n'est pas posée, et qui parfois oscille entre le juste et l'à peu près juste. On ne doute pas une seconde des bonnes intentions de Sensy, la chanteuse du groupe - dont, on nous apprend lors de sa présentation, un des proches a été emporté par la drogue - mais les meilleures intentions du monde ne suffisent pas forcément pour composer une bonne chanson. A la place de ces deux candidats, l'on verrait bien Beggar John. Même si sa composition Agalega pêche un peu par manque d'originalité, alors que l'arrangement révèle un savoir-faire honnête.

A noter que le jury était composé de Gérard Louis, Sandra Mayotte, Olivier Nina (de Cool FM), Surendra Brijmohun (de Taal FM) et présidé par Véronique Forget, alors que le vote du public, appelé à élire ses candidats sur les ondes de la radio, comptait pour 30 % des points.

Cette soirée plutôt agréable, et qui l'aurait été davantage sans les 45 minutes bien comptées de l'interminable entracte, était animée - le mot est faible - par une Linzi Bacbotte très en verve. Sympathique et chaleureuse, celle-ci a su employer ses talents d'animatrice et de chanteuse pour chauffer le public présent, même si elle gagnerait à s'effacer un peu au profit de ses invités. Parmi ces derniers, Véronique Forget et Sandra Mayotte, dont les interprétations ont séduit alors que l'incontournable Cassiya a clôturé la soirée.

Le concours Rêve de Star aura donc permis la découverte de quelques talents, qui faute de financement et de prise en charge logistique, auraient été encore inconnus du public mauricien. L'initiative du groupe Ireland Blyth mérite donc d'être saluée, en espérant qu'elle se renouvellera et sera suivie par d'autres entreprises.

Source:Le Mauricien 21.07.2003





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