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Press Review



July 23, 2005
Accords et à cris
Olivier Nina, Triumale Sranivas, Gérard Louis et Sandra Alors qu’un vent froid souffle sur le village côtier d’Albion, GL Productions, le studio personnel de Gérard Louis, n’a jamais connu une telle activité. Dans un couloir exigu, dix-sept candidats et/ou groupes locaux, vont jouer leurs places pour la finale du concours Rêve de star.

Traversant une vaste pièce dans laquelle des écrans d’ordinateurs font face à des tables de mixage, tout cela baigné par une lumière pastel tamisée, on accède à une autre pièce, devenue le temps de cette audition, une sorte de salle de spectacle. Le sol est jonché de câbles et de fils. Henri Koenig, l’ingénieur du son, le regard vif, les cheveux mi-longs, doit veiller à ce que tous les raccords d’instruments se déroulent sans anicroche.

Tandis que dansent les mains de Norbert sur son djembé, le musicien du groupe Sept, semble avoir le corps littéralement transpercé par la musique. Mimant le chant de cœur de François, le chanteur du groupe, l’harmonie est totale. Le chanteur évoque des lendemains meilleurs. « Soley pé sant enn l’air pu révé. »

Diverses influences

Le chant puise dans diverses influences : un peu de rock, un brin de slam, un soupçon de pop … L’influence est contemporaine. Elle vient de l’étranger.

Le séga mauricien, le séga d’ambiance, ne semble pas être source d’inspiration. On chante en créole parce qu’on y est certes plus à l’aise, mais ce chant local est métissé. Il est nostalgique et enivrant.

C’est le cas également du groupe Skyy. Ce groupe de policiers-chanteurs, a choisi également de faire dans la diversité culturelle. Sensé, ballade langoureuse et mélancolique, portée par un harmonica terriblement inspiré, fait descendre une vague de frissons le long de votre échine. Si le groupe puise dans les mélodies actuelles pour réinventer un style propre à eux, tout en flirtant avec l’engagisme, Skyy n’a pas volé sa place en finale, malgré les hésitations de Kamini Saminaden, la chanteuse, paralysée par le trac.

Pendant que certains, à l’extérieur, font leurs vocalises à tue-tête, le jury, concentré, ne laisse transparaître aucune émotion. Certes, quelques mouvements de tête ou de pieds, indiquent une parfaite communion avec les mélodies, Sandra Mayotte, Gérard Louis, Olivier Nina et Triumale Sranivas du Centre culturel Indira Gandhi pour la culture indienne, s’acquittent de leur tâche avec sérieux. « Si aujourd’hui, nous avons du mal à choisir les finalistes, si c’est aussi dur de rechercher cette star, c’est parce que le niveau est plus élevé comparé à la précédente édition. La diversité que nous entendons, confirme que les Mauriciens ont beaucoup de talents», explique Sandra Mayotte.

Si au niveau du chant, des textes et de la mélodie, les candidats de Rêve de star semblent n’avoir rien à envier à d’autres, l’expression scénique laisse toutefois à désirer. C’est la raison pour laquelle un encadrement en studio et sur scène est primordial pour ses amateurs, lancés dans la cour des grands.

« Les chansons ont du poids, mais l’interprétation manque de sérieux,» explique Olivier Nina, voix familière de Kool FM.

Après leur tour de chant, alors que leurs mains continuent à s’agiter, Kullean Sandyren et ses complices de Skyy, laissent la place à une jeune prodige de dix-sept ans. Amy Vaulbert, pianiste, auteur-compositeur-interprète, seule avec son clavier, s’apprête à emballer le jury. A l’aise et détendue, la jeune fille sourit, s’installe avec facilité. Les doigts jouant sur son clavier, elle pousse la voix. « Don’t want to be somebody else but me…»

Avec une efficacité affectueuse, la jeune fille s’élance. Henri Koenig, le grand manitou du son, intervient pour lui demander de revoir son accompagnement. Il est l’oreille extérieure qui pointe les failles. Préférant jouer en acoustique, Amy Vaulbert est prête à passer son audition. « Je n’avais pas beaucoup de trac, j’avais plutôt envie que ça passe vite, » explique-t-elle après son moment de grâce.

Pendant que d’autres candidats attendent de passer devant le jury, les respirations parfois longues et parfois saccadées des candidats, en disent long sur leur état d’esprit. Le principal, n’est-il pas de faire de son mieux? Accords et à cris

Source: L'Express 23 July 2005





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