
Press Review
| April 14, 2004 | |
| Malaria : aucune épidémie | |
| Les cas de malaria recensés à Maurice ont été importés. Le ministre de la Santé affirme qu’il n’y a aucun risque à craindre si le public prend les précautions d’usage. LA MALARIA n’a pas atteint le stade d’épidémie à Maurice. Et, à en croire les autorités, elle est loin de devenir un danger potentiel, même si quelques cas apparaissent ça et là. Depuis 1990, une cinquantaine de cas sont répertoriés tous les ans. La malaria (aussi appelée palu-disme) n’est pas endémique à Maurice. Tous les cas rapportés jusqu’à présent ont été importés. Mais comment entrent-elles au pays si toutes les arrivées à hauts risques sont systématiquement répertoriées? Le ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, a tenté d’éclaircir ce point dans sa réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition, hier à l’Assemblée nationale. Le dernier cas recensé avant les trois cas de Tranquebar est celui d’une petite Comorienne d’un an. Atteinte de la falciparum malaria la fillette a été traitée, il y a près d’un mois dans une clinique privée. C’est de cette même forme de la maladie qu’est décédée, vendredi dernier, à l’hôpital Jeetoo Pallavi Purmah, âgée de cinq ans. Le ministre de la Santé assure que le dernier cas de falciparum malaria recensé avant ceux susmentionnés, remonterait à 1989. Depuis tous les autres cas rapportés sont de type secondaire, c’est-à-dire moins graves et ne causent pas de fièvre cérébrale. La falciparum malaria est de loin la plus mortelle des quatre types de malaria. Cette forme de la maladie est endémique, entre autres, à Madagascar et aux Comores. Toutefois, son vecteur principal, l’anophèle est présent dans l’île. Ce moustique porteur de malaria est surtout présent dans les endroits particulièrement chauds et humides. Des visites à domicile Une fois que l’insecte a piqué une personne atteinte de malaria, elle devient infectieuse. Le moustique représente alors un terrible danger pour quiconque entre en contact avec lui. Il est donc impératif que les personnes revenant d’une région infectée par la maladie soient identifiées et testées aussi vite que possible. Les services sanitaires assurent que les passagers sont visités dans un délai maximal de deux jours. Ceux qui échappent au contrôle sont ceux qui refusent de révéler leurs véritables coordonnées. A l’instar de Didier Giraud, ancien directeur du département de tourisme chez Ireland Blyth Limited, décédé à la suite d’une propagation de malaria dans son système immunitaire. Didier Giraud avait donné une fausse adresse aux inspecteurs sanitaires qui l’avaient interrogé à son retour au pays. Le directeur revenait en fait d’un voyage en Zambie. Le ministre de la Santé a annoncé que toutes les informations qu’il détenait provenaient des médecins de son ministère et qu’il n’avait aucune raison de ne pas leur faire confiance. Face à l’insistance des membres de l’opposition, Ashock Jugnauth a cependant déclaré qu’il n’avait aucune objection à ce qu’une enquête soit instituée si négligence il y a eu, comme alléguée par l’opposition. Il nous revient que le médecin traitant a tardé à ordonner que des tests sanguins soient effectués, croyant que la fillette était atteinte de leucémie. Or, il a été confirmé à l’express qu’une circulaire existe dans les hôpitaux recommandant aux médecins d’effectuer un test de malaria, dès lors qu’une personne présente des symptômes de fièvre, de crampes et de maux de tête. Trois jours pour guérir Tout espoir n’est pas perdu. Une personne atteinte de falciparum malaria peut être guérie, dans un minimum de trois jours, si la maladie est détectée à temps. Par contre, si elle demeure ignorée, après une dizaine de jours d’incubation, la fièvre atteint le cerveau et le malade se retrouve alors dans une phase irréversible. Le ministère a promptement réagi après la révélation du dernier cas mortel. Toutes les mesures correctives ont été prises et les maisons de la localité de Tranquebar ont été désinsectisées. Les habitants de la région ont subi des tests sanguins afin de déceler d’éventuels cas d’infection. Une seule personne a été identifiée à ce jour, outre l’amie de Pallavi Purma toujours en soins intensifs à l’hôpital Jeetoo. Ashock Jugnauth a lancé un appel au public pour l’élimination de toutes les eaux stagnantes dans les cours et sur les dalles particulièrement en cette saison de pluies torrentielles. Il recommande à ceux qui voyagent vers des régions infectées de prendre des pilules anti-malaria, qui sont disponibles, gratuitement, au centre de vaccination international du ministère de la Santé. Les Mauriciens et autres voyageurs qui rentrent au pays sont instamment priés de coopérer avec les autorités sanitaires et d’accepter de subir une prise de sang pour le dépistage de la malaria. Tous ceux qui souffrent de fièvre sont priés de consulter un health centre le plus proche de leur domicile.
Source : L'Express 14 Avril 2004
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