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IBL NEWS DEC 2016

Portrait

Depuis octobre,

Sattar Jackaria

s’est joint

à Jean-Claude Béga et Laurent de la

Hogue pour mieux développer

stratégies

et projets

pour le secteur financier.

L

imprévisible semble fasciner Sattar Jackaria.

Il en a fait son métier : les actuaires, ça quantifie

le futur. Si l’université lui a appris à appliquer les

mathématiques aux situations économiques,

ses dix-sept années dans la pension en ont fait un

professionnel de l’incertitude. Il a aujourd’hui la

sagesse qu’il admirait tant chez un de ses maîtres

à penser, actuaire en Angleterre : la capacité d’aller

au-delà des chiffres, de « get the whole picture ».

On le devine à l’analyse qu’il fait de

Fooled by Ramdomness

,

dernier livre lu. L’auteur, Nassim Nicholas Taleb, postule

que l’univers est bien moins maîtrisable qu’on ne le pense...

Sattar Jackaria apporte ce sens aiguisé du jugement au

département Services Financiers d’IBL. Intégré « à 80 % »,

il a été aidé par les circonstances. « J’ai pu profiter des

présentations mises en place dans le cadre de la fusion »,

dit-il. Il s’est tout de suite reconnu dans les valeurs du

Groupe, qu’il connaissait pour avoir été l’actuaire de GML.

« Je sens, dans les meetings avec Jean-Claude et Laurent,

la place donnée à l’éthique et à la bonne gouvernance.

Ces principes, plus que jamais d’actualité, sont vécus très

fortement ici », dit-il. Seul caillou : son français qu’il estime

« maladroit » dans un cadre de travail

french-oriented.

« À part ça, l’atmosphère

very much team work

m’aide à

feel at home ! »,

ajoute-t-il, dans un sourire.

C’était le bon moment pour Sattar de faire ce move.

Sortir de l’opération technique, contribuer à un

niveau structurel au développement des entreprises,

découvrir les autres aspects du secteur financier.

« J’ai envie d’apprendre des collègues sur la banque,

le global business, le leasing, et ajouter de la valeur à nos

diverses compagnies en m’appuyant sur ma connaissance

de l’assurance et de l'investissement », résume-t-il.

En bon actuaire, il a calculé les risques. « Le franc parler

d’Arnaud er de Jean-Claude qui inspire confiance, la

réputation et les ambitions du Groupe, le dynamisme de

l’équipe qui saura l’amener à un autre niveau ont joué dans

la balance. »

Voir plus loin, calculer, toujours. C’est ce qui a poussé Sattar

à rester en Angleterre après un

Bsc (Hons) Mathematics,

Operational Research, Statistics & Economics

(MORSE) à

Warwick. Il veut alors « une profession, non un diplôme, plus

safe

pour l’avenir ». Il intègre Willis Towers Watson, l’un des

plus importants cabinets d’actuaire, en 1999, et prépare

sa certification. « Côtoyer des clients comme Bank of

America te force à être bon. La culture de travail des

Anglais, leur rigueur sont entrés dans mon ADN. J’ai été

exposé à des modèles d’excellence vers lesquels je tends

forcément », raconte-t-il. Il y reste 10 ans parce que son

plan de carrière est clair, mais aussi parce que c’est le délai

pour obtenir le passeport britannique. « You never know... »

Une opportunité se présente à la SWAN au moment où il

s’apprête à changer de job. Et puis, il va se marier, à une

Mauricienne établie en Angleterre. Il est temps de rentrer.

À la SWAN, il va apprendre à diriger. Des projets bien sûr,

telle la mise en place d’une cellule pour traiter

informatiquement les demandes d’assurance-vie pour les

prêts bancaires, dont il est particulièrement fier. Mais des

équipes surtout. « Gérer une vingtaine de personnes te

permet d’acquérir ce

soft touch

, primordial dans une position

de direction. Pour prendre une décision, il faut bien

comprendre comment l’humain fonctionne ». Sur ce plan,

il a encore du chemin, dit-il. « La micro-gestion, ce n’est

pas mon truc. J’ai tendance à faire confiance. Mais parfois,

ça me joue des tours. Il me faut apprendre à dire non... »

Direnonàsesdeuxjeunesenfantsaussi.À lui,onaditrarement

non, lorsqu'il était enfant. Petit prince de deux grandes

sœurs, il admet avoir « poussé un peu de travers ». Pourtant,

il respire l’humilité. Rien à voir avec les petits tyrans que

deviennent les enfants gâtés. Nassim Nicholas Taleb a

raison : rien n’est prévisible.

Dessiner

l’avenir

Sattar Jackaria

, Head of Financial Services