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Entretien

IBL NEWS DEC 2016

C

est l’effervescence causée

par la salmonelle qui nous

amène chez Volailles &

Traditions (VTL), à Camp

de Masque, au cœur des champs de

cannes de l’Est. Alors que l’épidémie

a inquiété bien des éleveurs de

poulet il y a trois mois, son évocation

n’émeut pas Didier Dupré,

Breeding

and Hatchery Manager

de VTL.

« C’était business as usual chez nous.

Bien sûr, on a redoublé de vigilance,

mais nos barrières sanitaires sont

tellement solides qu’il n’y avait pas de

quoi s’inquiéter », déclare-t-il d’un ton

assuré.

Les fermes de VTL sont en effet des

modèles en matière de biosécurité.

Les visites ne sont d’ailleurs

autorisées qu’exceptionnellement.

« Les protocoles que nous avons

développés en interne pour gérer

nos fermes de manière à y empêcher

la propagation de pathogènes sont

indéniablement notre force. Ce

programme de biosécurité vient

compléter un protocole de vaccination

très strict », explique Marie-Agnès Le

Goff, directrice de VTL depuis juillet

2016.

Cette rigueur se traduit en résultats.

Les poussins de VTL sont si sains

que sa performance dépasse la

moyenne internationale de 10 %

sur les paramètres de ponte.

« Comme aucun éleveur ne produit

de poulet certifié à l'Ile Maurice,

nous comparons nos courbes de

production avec celles des fermes

européennes. Et nos performances

sont très encourageantes grâce au

respect des paramètres que nous

donne notre fournisseur de souches

en France et au management des

protocoles sanitaires mis en place »,

poursuit Marie-Agnès Le Goff.

Tout au long du circuit de production,

l’impression de pénétrer des lieux

de haute sécurité ne quitte pas le

visiteur. Première étape, la ferme de

quarantaine, au milieu d’un ancien

champ de palmiers, au lieu appelé

Bassin Maria, entre le village de Camp

de Masque et la propriété sucrière

d’Alteo. C’est là que sont amenés,

quatre fois l’an, les « parentaux »,

des poussins de la famille des

Hubbard, dits à « cou nu », qui

produiront le poulet Label 60. Ils

proviennent de la région des Landes,

en France. « Nous voulions une

race rustique, qui soit à croissance

lente et offre une grande résistance

aux maladies », explique Didier.

Un taux d'éclosion de 90 %

Sur le site, deux officiers s’activent.

Ils portent un t-shirt blanc et un

pantalon gris, la tenue qui permet

de s’assurer que la douche a bien

été prise. Car personne n’entre sans

s’être lavé des pieds à la tête. Ce n’est

là qu’une des mesures de sécurité :

chaque employé n’est affecté qu’à

un seul bâtiment afin d’éviter tout

risque de contamination croisée,

et, à l’entrée de chaque poulailler,

il doit changer de nouveau de tenue,

la jaune-et-verte étant réservée

spécifiquement aux déplacements à

l’intérieur des poulaillers. Gare à celui

qui se fait prendre dans cette tenue

déambulant dans la cour...

Au silence de Bassin Maria, succèdent

les caquètements frénétiques de la

basse-cour de Montagne Blanche

Sans Souci. Après 20 semaines en

quarantaine, c’est dans cet ancien

camp sucrier transformé en ferme de

reproduction que les quelque 2000

jeunes poulets sont transférés. « S’ils

chantent fort, c’est qu’ils sont en bonne

santé », plaisante Didier. Le protocole

de sécurité est le même : passage par

la douche et changements de tenue.

Didier ne nous accompagne pas. Plus

tôt dans la matinée, il s’est rendu dans

l’écloserie, l’étape qui suit. Or, il ne faut

jamais remonter la chaîne dans une

même journée.

Dan s l e bâ t imen t que nou s

v i s i tons , l es o i seaux on t 46

semaines. « Chaque batiment éna

so laz », indique le superviseur.

Le ratio, lui, est le même partout : dix

femelles pour un mâle. 1400 œufs

sont collectés chaque jour, dans les

nids uniquement. Les œufs pondus

au sol pouvant être contaminés, ils ne

sont pas envoyés au couvoir. Deux fois

par jour, les mangeoires sont remplies

de céréales, un peu plus dans celles

à grille, posées très près du sol et

destinées aux poules. Les abreuvoirs

automatiques fonctionnent 24 h sur

24. D’immenses ventilateurs balaient

l’air. Car le lieu est fermé, protégé par

un mince grillage qui tient éloignés les

oiseaux, nuisances potentielles.

De la ferme de reproduction, les

œufs sont transportés avec la plus

grande précaution vers la ferme

d’éclosion. Inspectés et triés, ils sont

stockés une dizaine de jours en

chambre froide avant d’être placés

dans le couvoir. C’est sans doute la

tâche la plus délicate. Ventilation,

température, humidité... dans ces

grands incubateurs dernier cri, tout

est automatisé. Aidé de son tableau

de bord actualisé trois fois par jour

et de ses 22 ans d’expérience, Michel

Jean-Louis, est prêt à intervenir :

la moindre fluctuation de température

compromettrait le développement de

l’embryon. Toutes les heures, il s’assure

que les tiroirs d’œuf inclinés à 45

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